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Pour marquer l'anniversaire de l'enlèvement
d'Ingrid Betancourt et Clara Rojas, Mélanie Delloye-Betancourt,
la fille d'Ingrid Betancourt était de passage à
Montréal les 17 et 18 février 2003.
À 17 ans, elle nous a montré qu'elle était
la digne fille de sa mère: une battante, résolument
optimiste qui, sans broncher, a enchainé 2 entrevues
télévisées, 8 entrevues à la radio
(en français, anglais et espagnol), 1 à la presse
et 2,5 heures de conférence dans la même journée,
ceci au lendemain d'une journée à peine moins
chargée qui l'avait amenée à Ottawa!
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Fabrice et Mélanie Delloye
© Gamma
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En effet, lundi 17 février, Mélanie a pu rencontrer
Bill Graham, notre ministre des Affaires étrangères
à Ottawa. Elle a demandé au gouvernement canadien
de faire pression sur le gouvernement colombien pour mettre sur
pied une commission constituée de hauts fonctionnaires du
gouvernement et ayant pour objectif de négocier un accord
humanitaire pour la libération des otages. "Cela fait
trop longtemps que l'on négocie les conditions des négociations.
Le gouvernement colombien doit maintenant créer une commission
que les FARC accepteront afin d'entamer au plus vite un véritable
dialogue." a dit Mélanie. M. Graham s'est dit une fois
de plus décidé à faire le maximum pour aider
à la libération des otages.

Mardi 18 février, de passage à l'émission
de Marie-France Bazzo, Indicatif
présent à Radio-Canada, Mélanie a rappelé
l'importance de la mobilisation internationale (Écoutez
l'entrevue - 14 mn).
Voici l'article
paru dans La Presse du 18 février.
Ce même soir, à l'Université de Montréal,
devant plus de 100 personnes, Mélanie a invité
les Colombiens à envisager la paix, sans oubli mais sans
rancune. "Cette paix, il faut y croire!" a t-elle martelé.

Voici des extraits de l'introduction de la soirée-rencontre
lue par le Comité canadien:
(...)
Pour nous, Ingrid Betancourt, c'est avant tout une mère
de famille qui décide un jour de se lever et de se battre.
Au prix d'immenses sacrifices personnels. Il faut avoir des enfants
pour espérer comprendre le prix qu'Ingrid Betancourt a
accepté de payer. Il faut connaître la situation
colombienne pour saisir l'incroyable courage qu'il faut pour tenter
ainsi de renverser le cours de l'Histoire. Il faut connaître
l'histoire de ce pays pour savoir que très peu de gens
ont eu ce courage et que tous l'ont payé très cher...
Pour nous, Ingrid Betancourt, c'est une combattante de
la liberté qui dénonce la corruption, les narcotrafiquants,
qui se bat pour la justice sociale, pour l'accès de tous
à l'éducation, qui se bat à mains nues pour
ramener la paix dans son pays. Des valeurs universelles qui font
que son combat, c'est notre combat. Des valeurs universelles qui
font que son combat se situe bien au-dessus des partis, bien au-dessus
de la politique politicienne.
Pour nous, Ingrid Betancourt, c'est un symbole dont l'enlèvement
permet aujourd'hui un peu, certainement pas assez mais un peu
quand même, de braquer enfin les projecteurs vers une Colombie
meurtrie, dévastée par 40 ans de guerre civile,
amputée de 200 000 de ses enfants et où aujourd'hui
plus de 3000 personnes sont retenues en otages.
La solution, c'est sûr, passe par un dialogue entre
Colombiens, pas par plus de guerre, plus de violence. Mais ce
dialogue, il sera très difficile à rétablir
sans un appui total de la communauté internationale, car
il y a eu trop de violence, trop de souffrance de tous les côtés
pour qu'il soit facile de s'asseoir autour d'une table et de parler
de reconstruction(...).
Mélanie est depuis deux jours au Québec.
Pas pour pleurer sur son sort. Pas pour faire pitié. Pas
pour se faire réconforter. Mais plutôt pour se battre.
Pour nous dire de continuer. Pour nous dire que marcher par -25
degrés dans les rues de Montréal sert à quelque
chose. Pour nous dire que les 66000 signatures, les 458 nominations
«Citoyenne d'honneur» servent à quelque chose.
Pour nous dire de nous faire entendre, nous qui avons encore la
capacité de nous indigner et d'agir.
(...)
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